drouot
paris, france
2025
louise chen
Ancré au cœur du 9ᵉ arrondissement de Paris, l’appartement d’angle de Louise Chen a, dès les premières visites, fait naître une image spatiale singulière. Le salon, largement ouvert sur les toits parisiens et inondé de lumière grâce à ses grandes fenêtres, évoquait la proue d’un navire. De cette intuition est née l’idée directrice du projet : une référence maritime discrète, présente en filigrane dans l’ensemble de l’aménagement.
Dans la tradition des appartements parisiens, le couloir structure le plan. Il relie l’entrée au séjour tout en distribuant les chambres et la salle de bain. Plutôt que de le considérer comme un simple espace de passage, le projet lui donne un rôle plus affirmé. Des portes inspirées de celles des bateaux et des hublots circulaires ponctuent les parois, permettant à la lumière de pénétrer dans un espace autrefois obscur. Munies de volets coulissants, ces ouvertures permettent aux chambres de s’ouvrir ponctuellement sur le couloir ou, au contraire, de préserver leur intimité.
Un bandeau continu de contreplaqué teinté habille les murs de l’appartement. Le bois s’interrompt avant le plafond, permettant à l’intervention de s’inscrire dans l’architecture existante sans la dominer. Cette ligne horizontale traverse les pièces et crée une continuité visuelle, tout en marquant discrètement la transition entre les espaces de jour et les espaces de nuit.
Le projet repose sur une palette de matériaux volontairement restreinte, afin de préserver une atmosphère calme et cohérente. Le parquet d’origine a été conservé puis peint en blanc : un choix qui limite les interventions tout en révélant le dessin et la texture des lames anciennes, et qui contribue à amplifier la lumière naturelle.
La salle de bain reprend ce même vocabulaire avec son carrelage, qui prolonge la palette chromatique ainsi que la ligne horizontale présente dans tout l’appartement. Dans la cuisine, l’acier inoxydable apporte une tonalité plus froide, venant contraster avec la chaleur du contreplaqué et de la mosaïque brune en pâte de verre.
Une arche en mosaïque de couleur crème masque certains éléments structurels et les réseaux existants tout en soulignant l’entrée de la cuisine. Elle marque un seuil discret et introduit une dernière nuance de couleur dans un ensemble sobre. C’est le seul élément qui s’élève jusqu’au plafond ; sa présence est adoucie par une imposte aménagée entre la salle de bains et la cuisine, qui permet à la lumière de circuler.
Cette rénovation contribue à définir un nouvel équilibre entre deux dimensions de la vie de Louise Chen. Le lieu devait pouvoir accueillir, d’une part, son activité de DJ qui l’amène à voyager fréquemment; et d’autre part, la vie quotidienne de sa famille, en offrant un cadre à la fois chaleureux et fonctionnel pour son partenaire et leur jeune fils.
© ludovic balay