ngaparou - sénégal
2021 - 2022
photos : alice mesguich
texte : maxime bagni
La Villa Aram se situe à Ngaparou, ville côtière au sud de Dakar entre quelque habitations privées, au milieu de manguiers sauvages dans une région touristique du Sénégal.
Construite pour le mannequin et photographe Malick Bodian, dans un dessin affirmé de style minimal, elle répond aux besoins de confort et aux usages d’une maison familiale.
En écho aux origines perses de l’architecte et la configuration des maisons historiques de Yazd, la Villa Aram est calquée sur le plan des maisons traditionnelle de Casamance (Sud du Sénégal), fonctionnant autour d’un jardin central.
L’architecture se caractérise par un métissage entre des techniques traditionnelles et le détournement de matériaux hérités du minimalisme du vingtième siècle.
L’ensemble des éléments a été fabriqué à la main, sur place, limitant ainsi l’importation de matériaux. La Villa propose une ambiance colorée issues de l’utilisation de matériaux sourcés à proximité, terres cuites, terre crue, bois de Dimb teinté ou naturel. Ces éléments en bois endogène du Sénégal, issus d’une exploitation raisonnée, sont produits par des artisans locaux.
Les espaces intérieurs se caractérisent par leur nuance de rouge Tomette et l’enduit Corail appliqué sur les murs. La piscine se distingue par sa mosaïque monochrome, teinte Carmin. Les rideaux en coton naturel, permettent de voiler les façades vitrées et d’imposer une seconde atmosphère plus claire. L’usage d’un inox poli-miroir, sublime les gouttières, le plan de travail de la cuisine et les composants des salles de bain.
Les pièces à vivre de la maison s’orientent autour de la course du Soleil. Les trois chambres bénéficient d’une lumière plus diffuse sur la façade Nord, et la pièce à vivre ouverte au Sud est baignée d’une douce lumière.
La villa se différencie par ses courbes sensuelles et ovoïdes, ses lignes futuristes et son aspect de structure aquatique, qui contraste avec la sécheresse de la région et les teintes chaudes de l’environnement.​​​​​​​
Le mobilier intégré est dessiné autour des usages quotidiens : table à petit déjeuner sur la terrasse, table à manger intérieure dans la cuisine, et table d’extérieur pour le diner au jardin sauvage, aménagé de variétés de plantes locales.
Les différentes chaises et fauteuils comportent trois types de profils d’assise ainsi qu’un revêtement en cuir pour les espaces intérieurs, et des possibilités modulables pour les fauteuils de piscine (repliables).
La villa comporte un vocabulaire de mobilier imagé, les fauteuils-tables ‘Pourquoi-Pas’, et des nomenclatures selon les usages, CEPS – ‘chaise extérieure petite sieste ‘ CIPS – ‘chaise intérieure petite sieste’, CEMS – ‘chaise extérieure moyenne sieste’, CIMS – ‘chaise intérieure moyenne sieste’, CIGS – ‘chaise intérieure grande sieste’, CEGS – ‘chaise extérieure grande sieste’ ainsi que ‘la petite chaise’ en bois (chaises mobile pour l’intérieur).
La courbe circulaire transite depuis les lignes extérieurs du bâtiment jusque dans le Sunken Sofa qui offre une intimité supplémentaire à fleur de sol. La pièce à vivre se partage entre cette assise sur-mesure, et la cuisine ouverte, le tout agrémenté de bibliothèques.
La déambulation est pensée sur le principe du rayonnement solaire, toutes les pièces sont distribuées autour d’un espace central ouvert. Dans une collaboration entre le végétal et le bâti, le cœur de la Villa est ornementé d’un arbre dont la croissance va peu à peu accentuer l’intimité du lieu. ​​​​​​​
La maison est conçue pour répondre à des besoins d’actualité : gestion de la chaleur par une ventilation naturelle, prise en compte des vents dominants, système de récupération et utilisation des eaux de pluie et souterraines, construction surélevée pour palier au risque d’inondation.
D’influence Art Nouveau par l’attention porté aux détails artisanaux, le projet est affilié à l’architecture bioclimatiques de notre époque. Cyrus Ardalan intègre des solutions techniques et contextuels à son vocabulaire géométrique, mettant la forme au service de l’enjeux dans la proposition d’un esthétique frugale.